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13.12.2007
MISE EN PLACE D’UNE NOMENKLATURA SSYNDICALE
Face aux mouvements contre la réforme des régimes spéciaux, la communication gouvernementale n'a pas manqué de dénoncer les "privilèges" des salariés des entreprises publiques. Nicolas Sarkozy, dont les écarts de langage sont savamment calculés, est même allé jusqu'à qualifier d'"indignes" ces régimes de retraite. Une argumentation reprise en boucle par la grande majorité des éditorialistes et des experts, opposant les agents de la SNCF ou de la RATP aux nombreux salariés du secteur privé subissant des conditions de travail difficiles et qui, eux, cotisent quarante ans. Haro donc sur le conducteur de train!
De leur côté les grévistes, exaspérés par ces attaques, se sont montrés bien décidés à se battre pour préserver leurs acquis. On peut comprendre en effet que les cheminots et les agents de la RATP défendent bec et ongles des avantages sociaux qui étaient partie intégrante du contrat qui les lie à leurs employeurs depuis leur embauche. Et comment accepter d'être qualifiés de profiteurs, alors que la masse des profits va de toute évidence dans d'autres poches? En revanche, les grandes confédérations syndicales, la CFDT, mais aussi la CGT, n'ont, pour leur part, apporté qu'un soutien nuancé aux revendications de la base. Elles se sont montrées enclines en particulier à accepter le passage aux quarante années pour tous, pour autant que des compensations soient données, notamment en termes de niveau des pensions.
Ecartelées entre les grévistes et une opinion publique qui accepte désormais l'idée qu'il est normal de travailler plus longtemps dans une société où l'espérance de vie s'accroît, les directions syndicales ont été aussi soucieuses d'écouter les militants des autres secteurs, nombreux à considérer que la capacité de leurs collègues des entreprises publiques à conserver jusque-là leurs régimes spéciaux a moins résulté d'une quelconque équité que de leur capacité à bloquer le fonctionnement du pays. Soucieuses de maintenir ou de développer leurs positions au sein du secteur privé, les directions syndicales ont donc soigneusement évité d'apparaître au service des intérêts particuliers des salariés des entreprises publiques.
Faire converger les statuts des différentes catégories de salariés est éminemment souhaitable afin de limiter la capacité du patronat et du gouvernement de jouer les uns contre les autres. Toute la difficulté est de parvenir à ce résultat sans tomber dans le piège d'une égalisation par le bas, sachant qu'il existe toujours plus malheureux que soi sur lequel il faudrait s'aligner. Mais, sans une plus grande unité du salariat, on ne parviendra pas à dégager une vision commune des inégalités et des injustices à combattre en priorité, notamment pour le rendez-vous de 2008, quand les paramètres de l'ensemble des régimes de retraites vont être remis à plat. Parmi les priorités: définir les métiers pénibles qui justifient d'un traitement particulier; imposer une amélioration des conditions de travail pour tous, un préalable à tout maintien dans l'emploi des salariés âgés; redéfinir enfin les règles de fixation des pensions pour prévenir l'appauvrissement aujourd'hui programmé des plus faibles, à commencer par les femmes.
Philippe Frémeaux
http://www.alternatives-economiques.fr/premier-round_fr_a...
Force est de constater que la pensée unique fait des ravages au sein des bastions institutionnels. Hier avec le départ de d’Edmond Maire de la CFDT cette centrale s’est progressivement assagit, au point de la confondre avec FO. Sous la direction de Tibault c’est le tour de la CGT de rentrer dans le rang au moment oû la lutte des classes s’intensifie d’une façon inconnue depuis un siècle/
Cette situation a plusieurs causes
- Les chefs syndicaux nationaux ne sont plus depuis longtemps sortis des rangs ouvriers proprement dit mais de l’encadrement pu ont fait des formations forcément orientées idéologiquement dans la « pensée unique »
- La construction européenne a dévalorisé le patriotisme, donc le sentiment de la nécessaire solidarité nationale. Par contre elle a renforcé la solidarité internationale bourgeoise et actionnaire sans qu’il y ait le parallèle ouvrier à cause du chômage qui met en concurrence les ouvriers nationaux et à fortiori internationaux
Il faut convenir qu’il y a un fort noyau central franco-anglo-germanique auquel il faut ajouter la péninsule ibérique qui refuse tout alignement social vers le haut.
Les cheminots allemands étaient en grève presque en même temps que les français pour à peu près les mêmes raisons ; pourquoi n’a-t-on pas coordonné les grèves et obligé les gouvernants à négocier avec un front syndical uni ?
Ils veulent l’Europe fédérale ? Donnons-la leur !
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